Ce témoignage de parc accrobranche est celui de Jordan, gérant d’Ecopark. Il est 8h55, le parc ouvre dans cinq minutes. Jordan prend la farde du jour dans le classeur, note la météo à la main, et fait signer les opérateurs présents. Ce matin ressemble à 200 autres matins de la saison. Le rituel est rodé. Mais il prend du temps, et ce temps, Jordan le compte autrement depuis qu’il a changé de méthode.

Pas une conversion idéologique au numérique. Juste une question pratique : comment gagner du temps sans perdre en rigueur ?

L’époque Excel : fonctionnel, mais « pas très propre »

Avant Parc Pilote, Jordan avait un système. Pas mauvais, mais coûteux en énergie.

« Avant Parc Pilote, je commençais ma saison en imprimant 200 à 230 fiches d’exploit. On mettait dans un gros classeur et à chaque journée c’était une nouvelle fiche. »

200 fiches. Chaque saison. À conserver ensuite, parce que la réglementation l’exige. Résultat : « on a encore là toutes les fardes de papier des 10 dernières années qui traînent toujours chez nous. »

Pour les rapports de maintenance, la solution était un Excel. Fonctionnel, certes. Mais Jordan l’admet lui-même : « c’était assez rustique. C’est pas très propre. » Des cases à cocher, des abréviations que seul le constructeur comprend, des annotations dans les marges. Un système qui demande de la rigueur à chaque étape, car aucune étape n’est automatique.

Le vrai problème, ce n’est donc pas que le système marchait mal. C’est qu’il coûtait du temps à chaque niveau : retranscrire, chercher, appeler pour savoir ce qu’il y avait à faire sur un parcours.

La maintenance en aveugle : « t’étais pas sûr sur quoi tu allais tomber »

Le problème le plus concret, c’est la transmission des informations entre équipes. En pratique, Jordan et ses constructeurs montaient sur un parcours sans savoir exactement ce qu’ils allaient trouver.

« Tu montais, t’étais pas sûr sur quoi tu allais tomber. »

Par ailleurs, les mêmes problèmes revenaient d’une semaine à l’autre. La raison est simple : sans traçabilité claire, un incident signalé à la main ne garantissait pas une prise en charge rapide.

« Si c’était pas urgent, on laissait traîner un petit peu. Et c’était toujours les mêmes trucs qui revenaient. »

Aujourd’hui, la logique s’est inversée. La photo est là, la liste est là, le matériel est préparé à l’avance. Jordan décrit concrètement le changement :

« Tu perds pas de temps à demander c’était quoi. Tu as la photo qui s’affiche, tu fais le job, tu reviens. »

Deux ou trois problèmes réglés en une seule montée, là où il fallait parfois plusieurs passages pour clôturer la même anomalie.

L’installation : moins d’une journée, et ça tourne tout seul

L’objection principale des exploitants, c’est souvent le moment. « Ça arrive toujours quand on a pas le temps. » Jordan avait exactement les mêmes réticences.

Pourtant, il raconte l’expérience différemment. Un opérateur formé une matinée, et Jordan repart. La semaine suivante, il revient.

« Je suis revenu une semaine après, ça fonctionnait nickel. Tout le monde l’avait fait. Ils se sont passé le mot. »

L’anecdote de Corentin résume bien la philosophie de l’outil. Corentin n’avait pas de smartphone. Solution trouvée sur le terrain : deux vieux téléphones récupérés, branchés sur secteur contre un mur. Problème réglé. Le logiciel tourne sur un téléphone à moins de 100 euros.

« C’est une appli sur téléphone. Franchement. Création de compte, c’est simplifié à mort : nom, prénom, adresse mail. »

La checklist d’ouverture de saison est notamment l’une des fonctionnalités que l’équipe d’Ecopark a adoptée le plus rapidement, car elle correspond directement aux vérifications que les opérateurs effectuaient déjà, mais sans traçabilité.

Témoignage parc accrobranche : « Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? Parc Pilote. »

Il y a une phrase qui résume tout. Elle est apparue naturellement dans l’équipe de construction d’Ecopark, sans que Jordan l’ait planifié.

« C’est devenu notre signature de la construction. ‘Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ?’ ‘Parc Pilote.’ Même pas pour vous vendre le logiciel. C’est le temps que je gagne. Juste leur dire Parc Pilote les gars. »

Cette phrase dit l’essentiel : personne n’a eu besoin d’être convaincu. L’outil a trouvé sa place parce qu’il répondait à une vraie douleur de terrain.

L’ouverture des parcours a également changé. Auparavant, Jordan devait vérifier manuellement l’état d’ouverture de chaque atelier. Désormais, la couleur affichée dans l’application indique en temps réel ce qui est ouvert, ce qui est fermé, et ce qui attend une vérification. Cette logique de gestion des ouvertures et fermetures évite les doutes en début et en fin de journée.

La clôture de journée, justement, est un autre changement concret. Avant, un container pouvait rester ouvert toute la nuit, une machine tourner inutilement, des lumières rester allumées jusqu’au lendemain. Aujourd’hui, la checklist de fin de journée est obligatoire pour valider la fermeture.

« Mentalement, ça me rassure pas mal de savoir qu’ils ont besoin d’avoir la checklist tous les jours. »

La NF EN 15567-2 impose d’ailleurs une traçabilité documentée de ces contrôles quotidiens. Ce que Jordan décrit comme une réassurance mentale est aussi, concrètement, la preuve de conformité que tout exploitant doit pouvoir produire lors d’un contrôle.

Ce que ce témoignage de parc accrobranche dit de la réalité du terrain

Jordan n’est pas un passionné de logiciels. Il est gérant d’un parc accrobranche, et il cherchait un outil qui s’adapte à son quotidien, pas l’inverse. C’est précisément ce qui rend ce témoignage intéressant : il ne décrit pas une transformation radicale, mais une amélioration continue, progressive, adoptée naturellement par toute l’équipe.

Les fardes de papier sont toujours là, dans un coin du bureau. Elles représentent dix ans de saisons. Désormais, elles n’accueilleront plus aucune nouvelle fiche.

En termes de gestion des EPI comme de suivi des incidents, c’est ainsi la même logique qui s’applique : tracer, horodater, conserver. Non pas parce qu’une inspection approche, mais parce que c’est devenu le réflexe naturel de l’équipe.

La phrase de Jordan le dit mieux que n’importe quelle fiche produit :

« Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? Parc Pilote. »

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