La norme trampoline park qui s’impose à tous les exploitants en France est la NF EN ISO 23659. Ce texte international définit les exigences de sécurité applicables à l’ensemble de votre installation : toiles de saut, ressorts, matelas d’amorce, bacs à mousse, airbags, mais aussi les procédures d’encadrement, les ratios de surveillance et le briefing obligatoire des usagers avant leur accès au parc.

Ce guide explique, article par article, ce que la NF EN ISO 23659 impose concrètement dans votre exploitation au quotidien, à quelle fréquence vous devez contrôler vos équipements, qui peut réaliser ces contrôles, et ce que vous devez conserver dans votre registre pour être en conformité lors d’une inspection.

Un point de repère budgétaire à garder en tête : l’entretien préventif et la gestion de l’énergie représentent entre 12 % et 15 % du chiffre d’affaires d’un trampoline park. C’est une réalité du secteur, pas un choix. L’ignorer, c’est s’exposer à des fermetures administratives qui coûtent bien davantage.
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La norme trampoline park NF EN ISO 23659 : champ d’application

La NF EN ISO 23659 s’applique à toutes les structures de trampoline ouvertes au public, qu’il s’agisse d’un trampoline park en zone industrielle, d’une salle de loisirs intégrée à un parc plus large, ou d’un espace trampoline isolé dans une plaine de jeux couverte. Elle couvre l’ensemble du cycle de vie de l’équipement : conception, fabrication, installation, exploitation et maintenance.

La norme est complémentée par deux autres textes qui s’appliquent en parallèle :

  • NF EN 1176-7 : guide d’installation, de contrôle, de maintenance et d’exploitation des équipements de jeux, dont les trampolines. C’est elle qui définit l’organisation des trois niveaux d’inspection obligatoires.
  • NF EN 1176-10 : prescriptions spécifiques aux équipements de jeux totalement fermés (softplay, plaines de jeux intérieures). Si votre trampoline park est intégré à une structure couverte, cette norme s’applique aussi, notamment pour la sécurité incendie, les accès d’urgence et la visibilité interne pour la surveillance.

À cela s’ajoute la réglementation ERP (Établissement Recevant du Public) : un trampoline park couvert est classé en type X (établissements sportifs couverts). Le registre de sécurité ERP et les passages des commissions de sécurité incendie sont obligatoires.

Les 3 équipements à surveiller en priorité

La NF EN ISO 23659 identifie trois familles d’équipements soumises à une surveillance renforcée, car leur défaillance expose directement les usagers à un risque traumatique grave :

Les toiles de saut subissent des contraintes mécaniques intenses à chaque utilisation. La norme impose de vérifier régulièrement la résistance des fixations, l’absence de déchirures ou de points d’usure anormaux, et le maintien de la tension réglementaire. Une toile détendue ou présentant un point faible ne peut pas être mise en service.

Les ressorts sont des éléments d’usure à durée de vie limitée. Leur déformation progressive modifie les propriétés de rebond de la toile, avec un effet qui peut passer inaperçu à l’inspection visuelle. La norme impose leur remplacement selon les préconisations du fabricant, indépendamment de leur état apparent.

Les zones de réception (bacs à mousse, airbags, matelas d’amorce) amortissent les chutes les plus importantes. Le suivi de l’usure des mousses, la vérification de la pression des airbags et le contrôle de l’état des habillages constituent des obligations, pas des recommandations. Un bac à mousse dégarni ou un airbag sous-gonflé doit être mis hors service immédiatement.

Les 3 niveaux d’inspection obligatoires (NF EN 1176-7)

L’organisation des contrôles d’un trampoline park repose sur trois niveaux d’inspection définis par la NF EN 1176-7. Chaque niveau a une fréquence, un intervenant qualifié et une obligation de traçabilité distincte.

Niveau Fréquence Intervenant Périmètre Traçabilité
1. Inspection visuelle de routine Quotidienne à hebdomadaire Personnel de l’établissement Dangers apparents : actes de vandalisme, débris, éléments déboîtés ou manquants, état des toiles et ressorts à vue Émargement de la feuille de passage quotidienne
2. Inspection fonctionnelle Tous les 1 à 3 mois Technicien qualifié avec outillage adapté Stabilité des ancrages, resserrage des fixations, usure des pièces mobiles, tension des ressorts, état des airbags et matelas Check-list détaillée consignée dans le registre de maintenance
3. Inspection annuelle principale 1 fois par an (intervalle max 12 mois) Expert certifié d’un organisme indépendant Évaluation globale du niveau de sécurité : fondations, usure structurelle, corrosion, intégrité des zones de réception, conformité à la NF EN ISO 23659 Rapport officiel conservé dans le cahier de vie du parc

Un point critique : l’intervalle maximal entre deux inspections annuelles est de 12 mois. Si votre inspection a eu lieu en novembre d’une année, elle doit être renouvelée avant novembre de l’année suivante, quelle que soit votre saisonnalité. Dépasser ce délai vous place en non-conformité.

NF EN 1177 : les sols amortissants et le critère HIC

Les zones périphériques aux trampolines, ainsi que les passages et zones de circulation dans le parc, relèvent de la norme NF EN 1177, qui encadre les revêtements amortissants synthétiques (EPDM coulé, dalles caoutchouc) ou fluents.

Le critère central de cette norme est le HIC (Head Injury Criterion) : le revêtement au sol doit limiter la valeur HIC à 1 000 ou moins en cas de chute. Cette valeur est déterminée par le fabricant du revêtement lors de tests normalisés et dépend directement de l’épaisseur du matériau installé. Un sol trop mince ou trop usé peut dépasser ce seuil, même s’il présente un aspect correct à l’oeil.

La norme impose aussi des calculs de surface d’impact (zones de sécurité) autour de chaque équipement. Ces surfaces ne doivent pas se chevaucher entre équipements adjacents, et une distance minimale de 1 mètre doit être maintenue par rapport à toute clôture ou enceinte périphérique.

Encadrement : ratios de surveillance et briefing obligatoire

La NF EN ISO 23659 définit des obligations d’encadrement que beaucoup d’exploitants sous-estiment. Deux règles sont non négociables.

Le briefing obligatoire des usagers doit être réalisé avant tout accès au parc. Il couvre les règles de sécurité, les comportements interdits (empiètement sur la toile d’un voisin, sauts en groupe simultané, réceptions non contrôlées) et l’utilisation du matériel de protection. Ce briefing doit être traçable : un moniteur identifié doit avoir été désigné pour chaque session.

Les ratios de surveillance doivent être respectés en continu pendant l’exploitation. Un animateur ne peut pas surveiller l’ensemble d’une salle de grande taille sans que des zones restent dans son angle mort. La norme attend une organisation de la surveillance par zones, documentée dans votre procédure d’exploitation.

Si votre trampoline park est classé ERP, la réglementation incendie ajoute une obligation supplémentaire : les issues de secours doivent être dégagées et accessibles aux adultes accompagnants, et le personnel doit connaître les procédures d’évacuation. Ces éléments sont vérifiés lors des passages des commissions de sécurité.

Ce que doit contenir votre registre de maintenance

Le registre de maintenance d’un trampoline park (le « cahier de vie du parc ») doit rassembler l’ensemble des documents de traçabilité exigés par les normes. Son absence ou son incomplétude est systématiquement relevée lors des contrôles d’inspection et peut motiver une mise en demeure de l’autorité administrative.

Il doit contenir : les fiches de maintenance des toiles, ressorts et fosses à mousse avec dates et signatures, les check-lists des inspections fonctionnelles trimestrielles, les rapports des inspections annuelles réalisées par l’organisme indépendant, le registre de sécurité ERP (commissions, vérifications électriques, extincteurs, désenfumage), les procédures d’évacuation et les exercices réalisés, et les fiches de mise hors service de tout équipement retiré de la circulation.

La durée minimale de conservation est de 3 ans pour les rapports d’exploitation. Les fiches de maintenance des équipements doivent être conservées jusqu’à leur mise au rebut définitive.

Digitaliser la conformité de votre trampoline park

Face au volume de documents à produire et à conserver, les exploitants de trampoline park sont de plus en plus nombreux à s’appuyer sur un logiciel de gestion dédié aux parcs de loisirs comme Parc Pilote. La numérisation des check-lists intègre nativement les points de contrôle de la NF EN ISO 23659 et de la NF EN 1176-7 : chaque inspection quotidienne est horodatée et signée numériquement, chaque défaut constaté génère automatiquement une alerte et un statut « Hors Service » sur le module concerné.

Pour le budget maintenance, cette traçabilité est aussi un argument face aux assureurs : un historique complet et inaltérable démontre le sérieux de l’exploitation et peut peser lors du calcul de votre prime de responsabilité civile.
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FAQ : norme trampoline park

Quelle est la norme obligatoire pour un trampoline park en France ?

La norme principale est la NF EN ISO 23659, qui fixe les exigences de sécurité relatives à l’ingénierie des toiles, ressorts, zones de réception et aux procédures d’encadrement. Elle est complétée par la NF EN 1176-7 pour l’organisation des inspections et la NF EN 1177 pour les sols amortissants. Les trampolines parks couverts relèvent également de la réglementation ERP (type X).

À quelle fréquence doit-on inspecter un trampoline park ?

La NF EN 1176-7 impose trois niveaux : une inspection visuelle quotidienne par le personnel, une inspection fonctionnelle tous les 1 à 3 mois par un technicien qualifié avec outillage, et une inspection annuelle principale par un expert indépendant certifié. L’intervalle maximal entre deux inspections annuelles est de 12 mois.

Quel est le budget de maintenance à prévoir pour un trampoline park ?

Selon les données sectorielles, l’entretien préventif et la gestion de l’énergie représentent entre 12 % et 15 % du chiffre d’affaires d’un trampoline park. Ce poste inclut le remplacement régulier des ressorts, la maintenance des toiles et zones de réception, les contrats d’inspection, ainsi que les vérifications électriques et incendie liées au statut ERP.

Le briefing des usagers est-il vraiment obligatoire ?

Oui. La NF EN ISO 23659 impose un briefing de sécurité avant tout accès au parc. Ce briefing doit couvrir les règles de sécurité, les comportements interdits et l’utilisation du matériel de protection. Un animateur identifié doit être désigné pour chaque session et la réalisation de ce briefing doit être traçable dans votre procédure d’exploitation.

Que doit contenir le registre de maintenance d’un trampoline park ?

Le registre (cahier de vie du parc) doit inclure les fiches de maintenance des toiles, ressorts et fosses à mousse, les check-lists des inspections trimestrielles, les rapports annuels des organismes indépendants, le registre de sécurité ERP (commissions, vérifications électriques, extincteurs) et les fiches de mise hors service. La durée minimale de conservation est de 3 ans.

Un trampoline park couvert est-il soumis à la réglementation ERP ?

Oui. Un trampoline park intégré dans un bâtiment couvert est classé en ERP de type X (établissements sportifs couverts). Cela impose la tenue d’un registre de sécurité ERP, les passages des commissions de sécurité incendie, la vérification périodique des installations électriques et des extincteurs, ainsi que des procédures d’évacuation documentées et testées régulièrement.

Parc Pilote centralise vos check-lists NF EN ISO 23659, vos rapports d’inspection et vos alertes de maintenance dans un outil conçu pour les parcs de loisirs.

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