Si vous exploitez un parc accrobranche ou un parcours acrobatique en hauteur (PAH) en France, la NF EN 15567-2 est le texte réglementaire qui gouverne votre quotidien d’exploitant. C’est elle qui définit ce que vous devez faire, à quelle fréquence, avec quelle traçabilité, et ce que vous risquez si vous ne le faites pas.
Pourtant, beaucoup d’exploitants ne l’ont jamais lue en entier. On connaît les grandes lignes : « il faut faire un contrôle quotidien », « il faut un registre ». Mais les détails restent flous : qui doit signer quoi, quels documents conserver combien de temps, ce que le terme « personne compétente » signifie exactement.
Cet article reprend les exigences de la NF EN 15567-2 (version juillet 2015), point par point, dans le langage du terrain. Sans jargon inutile, avec les références exactes à la norme.
Vous voulez voir comment Parc Pilote structure la conformité NF EN 15567-2 de votre parc ?
Demandez une démonstration gratuite →
NF EN 15567 exploitation : de quoi parle-t-on exactement ?
La norme NF EN 15567 est structurée en deux parties complémentaires :
Partie 1 (NF EN 15567-1) : exigences de construction et de sécurité. Elle s’adresse aux constructeurs et concerne la conception, les matériaux, les calculs de charge, les ancrages. C’est la norme du bâtisseur.
Partie 2 (NF EN 15567-2) : exigences d’exploitation. Elle s’adresse à l’exploitant et régit le fonctionnement quotidien du parc : contrôles, documentation, personnel, EPI, surveillance, sécurité des pratiquants. C’est la norme de l’exploitant.
La version en vigueur est celle de juillet 2015, qui a remplacé l’édition de 2007. Elle s’applique à tous les parcours acrobatiques en hauteur fixes et mobiles, qu’ils soient utilisés dans un cadre de loisirs, éducatif, sportif ou thérapeutique.
Les catégories de systèmes de sécurité individuels (A à E)
La norme définit cinq catégories de systèmes de sécurité individuels. Cette classification détermine directement les niveaux de surveillance obligatoires et les consignes à donner aux pratiquants.
Catégorie A : dispositif à fermeture automatique non verrouillant, comme le connecteur à simple action ou à vis. Niveau de surveillance maximal requis.
Catégorie B : dispositif à verrouillage automatique (connecteur à verrouillage automatique).
Catégorie C : dispositif à verrouillage interdépendant conçu pour réduire la probabilité de détachement involontaire.
Catégorie D : dispositif à verrouillage interdépendant conçu pour empêcher le détachement involontaire. Ce sont les systèmes à double connecteur où l’ouverture de l’un verrouille l’autre. Le pratiquant manipule lui-même les connecteurs entre les ateliers.
Catégorie E : système de sécurité continu : le pratiquant est connecté une seule fois au départ et ne peut pas se déconnecter involontairement avant la fin du parcours. Ligne de vie passive, trolley continu. Voir notre comparatif des systèmes de ligne de vie passive.
Plus la catégorie est élevée (D, E), moins l’intervention humaine est requise entre les ateliers, et plus les niveaux de surveillance peuvent être allégés, sous réserve de l’évaluation des risques de l’exploitant.
Les documents obligatoires : ce que la norme exige
L’article 4.2 de la NF EN 15567-2 liste précisément les documents que l’exploitant doit constituer et tenir à jour. Ce n’est pas une recommandation : c’est une obligation.
a) Le registre des rapports d’exploitation quotidiens : il doit consigner les contrôles à l’ouverture et à la fermeture du site, les défauts constatés et les événements pertinents en matière de sécurité. La norme précise explicitement que ces rapports doivent être conservés pendant trois ans. L’Annexe A de la norme propose un modèle de rapport quotidien type. Voir comment optimiser vos opérations d’ouverture et fermeture.
b) Les rapports d’accidents : tout incident ou accident doit faire l’objet d’un rapport documenté.
c) Le registre de contrôle et de suivi des EPI : identification individuelle de chaque équipement, historique des contrôles, dates de mise en service et de réforme. Voir §10.6 et Annexe B.
d) Le plan d’évaluation et de gestion des risques : établi par l’exploitant, il justifie notamment les niveaux de surveillance retenus pour chaque type de pratiquant et chaque système de sécurité.
e) Les documents relatifs à la formation des opérateurs : attestations de formation aux compétences d’opérateur et à l’évacuation en hauteur, qui démontrent la compétence du personnel dans ses fonctions.
f) Les consignes de sécurité pour les pratiquants : document écrit, pas seulement un briefing oral.
g) Le manuel constructeur : fourni par le constructeur du parcours, il doit être conservé et tenu à disposition lors des inspections (voir NF EN 15567-1, §8.2).
L’absence de l’un de ces documents lors d’un contrôle SDJES ou d’une inspection annuelle constitue une non-conformité, même si le parc est en parfait état physique.
Le personnel : définitions et compétences
La norme distingue trois rôles :
L’opérateur est la personne qui supervise les pratiquants sur le parcours. Ses missions incluent : informer les pratiquants, vérifier l’utilisation correcte des équipements, évaluer l’autonomie sur un parcours test, assurer la surveillance, faire respecter les consignes, réaliser des contrôles visuels de routine. L’opérateur n’est pas simplement un « accompagnateur » : la norme lui attribue des responsabilités précises de vigilance et d’intervention.
L’opérateur en charge des évacuations en hauteur est une qualification distincte, plus exigeante, habilitant à intervenir pour extraire un pratiquant bloqué en hauteur. Cette compétence doit être documentée.
L’exploitant est la personne ou l’organisme responsable de l’exploitation du PAH. C’est lui qui porte la responsabilité globale et doit s’assurer que toutes les exigences de la norme sont respectées.
Les consignes de sécurité pratiquants
Avant de commencer toute activité, les pratiquants doivent recevoir des consignes de sécurité. Ces consignes doivent être documentées : un briefing oral ne suffit pas.
Pour les systèmes de catégories A à C, une évaluation pratique est obligatoire avant l’accès au parcours : le pratiquant doit démontrer sa capacité à utiliser correctement le système de sécurité. Seuls ceux qui réussissent cette évaluation peuvent accéder au parcours.
Pour les catégories D et E, lorsque le pratiquant doit se connecter lui-même au système, la même évaluation pratique s’applique.
Si un freinage actif est requis sur une tyrolienne, la technique de freinage doit être enseignée et évaluée.
Les niveaux de surveillance obligatoires
La norme établit un tableau de niveaux minimaux de surveillance (niveaux 1 à 3) en fonction de la catégorie du système de sécurité et de l’âge des pratiquants. Les obligations sont plus strictes pour les catégories A à C et pour les enfants.
Principe général : à tout moment, un pratiquant doit se trouver à portée de vue soit d’un opérateur, soit d’un pratiquant adulte.
Pour les enfants accompagnés d’adultes superviseurs (parents ou responsables de groupe), la norme précise que ces adultes doivent eux-mêmes avoir reçu une formation spécifique incluant : la fixation correcte du système de sécurité, la méthode d’observation de l’enfant, et la priorité des instructions de l’opérateur en cas de contradiction.
La norme ouvre une possibilité d’allégement des niveaux de surveillance pour les innovations technologiques (notamment les systèmes de catégorie E) qui limitent le risque opérationnel, à condition que cela soit justifié par l’évaluation des risques de l’exploitant et documenté.
Les trois niveaux de contrôle de l’installation
C’est l’article le plus cité de la norme, et celui où les non-conformités sont les plus fréquentes. La NF EN 15567-2 impose trois niveaux de contrôle distincts, avec des fréquences et des intervenants différents.
§10.2 : Contrôle visuel de routine : effectué par une personne compétente avant chaque ouverture au public. C’est le contrôle quotidien terrain : état visuel des câbles, plateformes, ancrages, dispositifs de sécurité, zones de réception. Consultez notre checklist complète d’ouverture de saison. Résultats à consigner dans le rapport d’exploitation quotidien avec signature du responsable. Ces rapports sont conservés 3 ans.
§10.3 : Contrôle fonctionnel : effectué par une personne compétente au moins tous les trois mois ou selon les instructions du fabricant. Plus approfondi que le contrôle visuel, son objectif est d’identifier une détérioration structurelle qui ne serait pas décelée visuellement. Exemples : câbles d’assurage des tyroliennes, intégrité des plateformes, connecteurs fixés en permanence, usure excessive des pièces mobiles, propreté, arêtes vives.
§10.4 : Contrôle périodique : réalisé par un organisme d’inspection accrédité (type A, B ou C selon EN ISO/IEC 17020) au moins une fois par année civile, avec un intervalle maximal de 15 mois entre deux contrôles. C’est l’inspection annuelle obligatoire réalisée par Apave, Bureau Veritas, Alpes Contrôles, Ceres Control, ou équivalent. Ce contrôle comprend le contrôle visuel de routine et le contrôle fonctionnel, plus une évaluation globale de la conformité à la NF EN 15567-1.
§10.5 : Diagnostic arboricole : les diagnostics arboricoles doivent être réalisés au moins une fois par année civile (intervalle maximal 15 mois), conformément aux exigences détaillées dans l’Annexe A de la NF EN 15567-1. Ce diagnostic porte sur l’état phytosanitaire des arbres supports et doit être réalisé par un arboriste qualifié.
Vous voulez voir comment Parc Pilote structure la conformité NF EN 15567-2 de votre parc ?
Demandez une démonstration gratuite →
Le contrôle des EPI (§10.6 et Annexe B 🙂
Les EPI font l’objet d’un régime de contrôle spécifique, détaillé dans l’Annexe B (normative) de la NF EN 15567-2. Voir nos 5 bonnes pratiques de gestion des EPI en accrobranche.
Contrôle de routine : avant et après chaque mise à disposition de l’équipement, par une personne compétente. Ce contrôle est donc potentiellement bi-quotidien en haute saison.
Contrôle périodique : réalisé par un contrôleur d’EPI qualifié, au minimum tous les 12 mois. La fréquence peut être augmentée selon l’intensité d’utilisation, à la discrétion du responsable. Ce contrôle doit également être déclenché après tout événement exceptionnel (chute en charge, incident), même sans dommage visible.
Identification individuelle : tous les EPI mis à disposition doivent faire l’objet d’une identification individuelle. L’identification par lot est possible uniquement si le lot peut être identifié de façon unique par ses références, son marquage, sa date de première utilisation et sa date de fabrication.
Registre : chaque EPI doit avoir une fiche de suivi dans le registre, incluant l’historique complet des contrôles. Ce registre est consulté lors de l’inspection annuelle.
Le contrôleur d’EPI doit justifier de compétences spécifiques : connaissance de la norme, maîtrise des procédures de vérification, connaissance du matériel contrôlé et de son fonctionnement.
Le Plan d’Organisation de Sécurité et de Secours (POSS)
Le POSS est un document obligatoire, adapté à la taille du parc et au nombre de pratiquants. La norme en fixe le contenu minimum :
- Le nom du personnel formé pour réaliser les évacuations en hauteur, ainsi que le nom et l’adresse du site
- Les moyens de communication disponibles sur le site
- L’équipement de secours disponible
- Les procédures d’évacuation : d’un blessé sur le parcours, de l’ensemble des pratiquants en cas d’orage ou vent violent, des pratiquants bloqués
- L’accès des services de secours (SAMU, pompiers) : le plan doit prévoir et faciliter leur intervention
Le POSS doit être connu de l’ensemble du personnel. Il ne suffit pas de le rédiger : il doit être pratiqué.
Ce que les contrôles SDJES vérifient en priorité
Lors d’un contrôle SDJES (Service Départemental à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports), les inspecteurs ne vérifient pas seulement l’état physique du parc. Ils examinent la documentation. Les points de non-conformité les plus fréquemment relevés sont :
- Rapports quotidiens absents, incomplets ou non signés
- Registre EPI sans identification individuelle des équipements
- Absence d’attestations de formation des opérateurs
- POSS non rédigé ou non connu du personnel
- Inspection annuelle non réalisée dans les délais (>15 mois)
- Diagnostic arboricole manquant ou périmé
- Manuel constructeur introuvable
Dans tous ces cas, le parc peut être mis en demeure de se mettre en conformité, voire fermé temporairement si le risque est jugé immédiat.
Le problème de fond : documenter sans y passer ses journées
La NF EN 15567-2 exige une traçabilité rigoureuse, à trois fréquences différentes, pour au moins cinq types de documents distincts. Sur papier, c’est une organisation lourde : des registres qui s’accumulent, des signatures à collecter, des dates à surveiller, des rapports à archiver pendant trois ans.
En pratique, de nombreux parcs font les contrôles mais négligent la documentation, faute de temps, faute d’outil. C’est précisément là que se créent les non-conformités : non pas sur le terrain, mais dans les archives.
C’est le problème que Parc Pilote résout.
Parc Pilote digitalise l’intégralité de la documentation exigée par la NF EN 15567-2 : rapports quotidiens horodatés et signés depuis l’application mobile, registre EPI avec identification individuelle et historique complet, alertes automatiques pour les contrôles fonctionnels trimestriels et l’inspection annuelle, rapport de conformité généré automatiquement pour l’organisme de contrôle.
- Rapport d’exploitation quotidien conforme Annexe A de la NF EN 15567-2
- Registre EPI avec suivi individuel par équipement
- Alertes contrôle fonctionnel (J-30 avant échéance trimestrielle)
- Alertes inspection annuelle (J-60 avant les 15 mois réglementaires)
- Archivage automatique 3 ans des rapports quotidiens
- Export du dossier de conformité complet pour l’inspection
Vous continuez à faire les contrôles. Parc Pilote s’assure qu’ils sont documentés, traçables, et disponibles le jour où on vous les demande.
Vous voulez voir comment Parc Pilote structure la conformité NF EN 15567-2 de votre parc ?
Demandez une démonstration gratuite →
Vous souhaitez en savoir plus ?
